Je ne sais pas où je vais, mais je sais d'où je viens.
D'une famille de paysans, installés dans le Haut Doubs, eux mêmes enfants de paysans.
Mon frère ainé perpétue la tradition familiale, comme son fils ainé maintenant.
J'ai des racines terriennes, et j'en suis fière, bien que je sois devenue citadine.
Cette tradition des gens de la terre, peut sous-entendre une certaine dureté, une abscence de sentimentalisme, et une certaine aptitude à l'abnégation.
C'est en partie vrai, mais pas tout à fait.
J'ai eu la chance de naître dans une famille où l'on nous a encouragé à faire des études, à avoir de l'ambition, et à ne pas rechigner devant la tâche.
Même si à certains moments cela pouvait être difficile, par rapport aux copains et copines qui avaient accès à certains plaisirs matériels ou à certains loisirs, aujourd'hui, avec du recul, je
crois que j'ai eu de la chance.
Parce que je suis devenue ce que je suis, en partie grâce à tout ça.
Mon attirance pour les plaisirs simples de la vie, le courage qu'il me faut parfois pour affronter la dureté de la vie, l'énergie dont je dois faire preuve quelques fois, mon aptitude à prendre
en considération mon prochain, et mon souci de donner satisfaction, viennent de là.
Et je sais qu'un jour, au terme de ma vie, dans cette terre, auprès des miens, je retournerai.
Dans la campagne paisible, dans le calme d'un cimetière typiquement villageois, je reposerai.
Simple retour aux sources.